Aller au contenu principal

Braque, Calder, Chagall, Miro ou Giacometti : leurs gravures s’exposent au Musée d’art

Actualité
Publié le 02 février 2026

Le Musée d’art de Toulon (MAT) propose, jusqu’au 3 mai, l’exposition « Braque, Calder, Chagall, Giacometti, Miro, les ateliers de la modernité ». Les 70 œuvres réparties en 6 sections différentes montrent comment, grâce à l’impulsion d’un homme Aimé Maeght, ces artistes du 20e siècle ont expérimenté la gravure dans leur travail. Cette exposition est réalisée en partenariat avec la Fondation Marguerite et Aimé Maeght, implantée à Saint-Paul de Vence.

La photographie montre au premier plan la sculpture intitulée La Femme haut chignon de Giacometti et en arrière plan des gravures réalisées par l'artiste suisse.
" La Femme haut chignon " d'Alberto Giacometti est l'une de ses oeuvres les moins présentées lors des expositions mettant en scène l'artiste suisse.

Braque, Calder, Chagall, Miro, Giacometti. Tous ces grands artistes du 20e siècle ont un point commun : Aimé Maeght. L’amitié entre l’imprimeur et ses protégés s’expose jusqu’au 3 mai prochain au Musée d’art de Toulon (MAT). Avec pour trait d’union : la modernité. Une modernité qui s’exprime au travers du prisme expérimental de la gravure. Il me semble que quelque chose m’aurait manqué si, à part la couleur, je ne m’étais pas occupé à un moment de ma vie des gravures et lithographies . Cette phrase de Marc Chagall montre l’importance de ces nouvelles techniques d’impression dans son œuvre. Elles vont être un terrain de jeu pour ces peintres et sculpteurs et vont bouleverser les codes établis de la peinture classique. Eaux-fortes, lithographies, estampes interrogent sur l’unicité d’une œuvre d’art puisqu’elles permettent de la reproduire en nombre… mais avec quelques points de différences qui la rendent unique.
Réalisée en partenariat avec la fondation Marguerite et Aimé Maeght, la scénographie de l’exposition « Les ateliers de la modernité » se décompose en 6 sections marquées par ces pionniers que sont Chagall, Braque, Calder, Miro ou Giacometti. Pour chacun, une œuvre d’un autre medium – peinture ou sculpture – dialogue avec lithographie, gravure ou eau-forte. Là un paravent de Chagall met en scène une lithographie marouflée sur du bois. Sa vision de Saint-Paul de Vence fait face à une série de gravures colorées où les monuments parisiens ont la part belle, notamment l’Opéra dont le peintre a réalisé le plafond. Ici, un mobile de Calder répond à une série de lithographies aux couleurs primaires. Tiraillé entre Miro et Mondrian, l’ingénieur américain délaisse les formes verticales du peintre néerlandais pour des spirales qui, comme ses sculptures, aspirent le visiteur vers un infini oscillant entre le passé, le présent et le futur. Plus loin, la « Femme haut chignon » de Giacometti fait face à ses différentes versions des Ateliers. Sur ces lithographies, le graphiste suisse représente son propre atelier avec une spontanéité qui n’est pas entravée malgré la technicité de la gravure. La dernière section montre comment des artistes tels Tapies, Rebeyrolles, Riopelle, Monory ou Adami se sont emparés de la gravure et lui ont apporté une touche de modernité en gaufrant le papier, en collant du crin... Des créations telles des clins d’œil aux collages de Braque dont l’Oiseau dans le feuillage est accroché aux cimaises de cette exposition.

70 œuvres pour montrer le rôle de l’éditeur Maeght dans l’art du 20e siècle

« La gravure est pour moi un moyen d’expression majeur. Elle a été un moyen de libération, d’élargissement, de découverte ». Ce travail en série que lui permet la gravure intéresse Miro. Tout comme Braque : « le procédé me tentait. J’ai essayé de traiter cela de façon nouvelle. J’en ai fait presque de la peinture ». Dans sa série de lithographies en couleur dédiées à la nature morte, le peintre dépasse le cubisme, flirte avec le surréalisme, rend hommage à Cézanne… Tous ces artistes ont tenté, expérimenté, inventé… grâce à un homme, Aimé Maeght. Ce graveur lithographe de formation a mis les moyens humains et techniques au service de tous ces artistes. Passionné par l’édition d’art et encouragé par le peintre Pierre Bonnard, il crée la Galerie Maeght à Paris en 1945, puis en octobre 1946, lance la revue d’art Derrière le miroir. Publiée sans interruption jusqu’en 1982, la brochure dont le nom est un clin d’œil à Alice au pays des merveilles, se consacre exclusivement aux peintres et sculpteurs exposés dans sa galerie.
En 1964, il crée la Fondation Maeght et son fils Adrien rachète l’imprimerie et l’atelier de reliure Duval qui devient ARTE, un lieu par et pour les artistes. Tous vont se jouer des contraintes techniques et vont montrer une maîtrise certaine de la gravure. Chaque impression est une prouesse : l’œuvre étant dessinée en miroir, c’est-à-dire dans le sens inverse de ce qu’elle représente.
Les quelque 70 gravures exposées au Musée d’art montrent la diversité des techniques utilisées par les artistes édités par Maeght et démontre son rôle majeur dans l’art du 20e siècle. Et pour aller plus loin dans la connaissance de la gravure et du rôle qu’elle a joué dans l’histoire de l’art, le Cabinet des arts graphiques du MAT met en scène une série d’estampes issues du fonds de collection du musée et de livres provenant de la réserve Lagoubran. Au travers des enjeux techniques, la trentaine d’œuvres proposée interroge sur la question du multiple en art, depuis le 18e siècle jusqu’à nos jours.

Du 31 janvier au 3 mai 2026
Du mardi au dimanche de 12h à 18h
7€ par personne – Tarif réduit ou gratuité en fonction des conditions d’éligibilité