Pour Josée Massi, cette nouvelle mandature doit être « utile »
« Je suis la maire de tous les Toulonnais, je gouvernerai pour tous. Ma seule boussole sera l’intérêt général. Je veux que chaque habitant de cette ville sache qu’il trouvera à la mairie une équipe déterminée à écouter et à servir. Personne ne sera laissé sur le bord du chemin. Je veux que cette mandature soit utile. C’est peut-être le mot le plus important. Utile aux familles. Utile aux commerçants. Utile aux jeunes et aux aînés. Utile aux quartiers. Utile à ceux qui travaillent. Utile à ceux qui cherchent encore leur place », a déclaré Josée Massi, peu après avoir ceint l’écharpe de maire. Ce vendredi 27 mars se tenait le conseil municipal d’investiture. Dans la salle André Seguin, c’est l’effervescence des grands jours. La séance a été ouverte à 9 heures précises par Geneviève Levy : « parfois être doyenne d’âge peut comporter quelques privilèges. C’en est un aujourd’hui, en même temps qu’un grand honneur qui me permet de m’adresser à vous qui venez d’être élus ».
Avant de procéder à l’élection du premier magistrat, l’ancienne députée du Var a rappelé les résultats du scrutin du dimanche 22 mars où la liste « Toulon mon parti » a remporté 31 593 voix et celle d’« Un avenir pour Toulon » 28 756 suffrages. « Une élection ne met pas fin au débat, elle ouvre une nouvelle étape, celle du travail collectif au service de notre ville, a assuré Laure Lavalette, désormais chef de file d’une opposition qui n’a d’ailleurs pas présenté de candidat pour ce « 3e tour » des municipales. Durant cette campagne, j’ai porté avec mon équipe un certain nombre de propositions concrètes issues de nos rencontres avec les Toulonnais. Ces propositions n’appartiennent à aucun camp : elles répondent à des préoccupations des habitants et nous continuerons à les défendre ici de manière constructive ». C’est donc sans surprise que Josée Massi a été élue maire avec 45 voix pour et 13 bulletins blancs. Après avoir désigné leur maire, les 59 élus municipaux – 45 pour la majorité municipale et 14 pour l’opposition – ont désigné les 22 adjoints qui siègeront à ses côtés. Leur premier geste, symbolique, aura été d’aller déposer, à l’issue du conseil municipal, une gerbe au monument aux morts de la place Gabriel-Péri.
« Dans la concorde se font les grandes choses »
D’une voix ferme mais où transparaissait une certaine émotion, l’édile s’est appuyée sur la devise de la ville « Concordia parva crescunt » pour détailler sa méthode de travail et donner le cap des 6 années à venir : « je souhaite que cette devise inspire profondément la mandature qui s’ouvre. Qu’elle irrigue notre manière de travailler avec les habitants, avec les agents, avec les associations, avec les acteurs économiques et avec tous nos partenaires. Je gouvernerai comme j’ai toujours agi : avec proximité, humanité et pragmatisme ». Avant de dérouler une feuille de route basée sur la sécurité, « première des libertés », sur la proximité et sur l’attractivité : « je souhaite que nous engagions sans tarder une démarche forte pour les quartiers, notamment au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var, en nous inspirant de ce qui a été fait avec succès pour le centre-ville. Je veux que ces quartiers sentent rapidement que quelque chose se remet en mouvement ».
Au chapitre des grands projets, Josée Massi poursuivra ceux déjà initiés lors du mandat précédent, à savoir la requalification de la zone littorale allant du stade Mayol, qui devrait être amélioré, au môle des torpilles à Pipady ; et mettra en place de nouveaux services comme l’application mobile « Toulon & Vous ». À la toute fin de son allocution, elle a pris un « engagement solennel : celui de mettre toute [son] énergie, toute [sa] détermination, toute [son] expérience au service de Toulon. Je le ferai avec probité. Je le ferai avec fidélité à ce que je suis. Je le ferai avec le souci constant de rassembler. Je le ferai sans céder aux facilités, sans détourner le regard devant les difficultés et sans jamais oublier que le mandat que je reçois aujourd’hui n’appartient pas à un camp, mais à une ville. Cette ville, je l’aime profondément et elle mérite que l’on soit à sa hauteur ».
La transmission et le social pour valeurs cardinales
Née à Lyon le 6 janvier 1951, Josée Massi a passé toute son enfance dans le quartier de Bon-Rencontre. Entourée par 5 frères et sœurs, elle a grandi au sein d’un foyer aimant, avec des parents très attentifs à la réussite de leurs enfants. Rien ne prédisposait cette ancienne professeure de mathématiques à devenir en 2023 la première femme à présider aux destinées de la 12e ville de France. Rien, si ce n’est l’éducation qui a toujours été au cœur de son parcours professionnel et le social. Pendant plus de 20 ans, elle a dirigé le Centre départemental pour l’insertion sociale (CEDIS). Elle y a mis en place l’entreprise d’insertion « Mamans, cuisinières du monde », deux centres sociaux et des micro-crèches sur Toulon ainsi que des crèches à vocation d’insertion professionnelle sur l’ensemble du département du Var. « Son premier métier de professeure de mathématiques lui a appris la rigueur, essentielle pour une gestion responsable d’une collectivité, a souligné Geneviève Levy dans le portrait qu’elle a brossé de Josée Massi quelques minutes avant de lui remettre l’écharpe tricolore. Mais enseigner, c’est aussi transmettre, découvrir les potentialités et les valoriser ; autant de qualités pour conduire une équipe. Son second métier de directrice d’un organisme d’insertion professionnelle lui a permis d’aider des hommes et des femmes qui méritaient d’être accompagnés pour trouver leur voie. Cette attention aux autres et cette conviction des parcours positifs et du progrès sont un marqueur fort de sa personnalité ».
C’est en 2014 que cette maman de 3 enfants entre en politique. Elle devient adjointe au maire déléguée à la petite enfance, l’éducation, la famille, la sécurité et les ressources humaines avant de devenir première adjointe en 2020, conseillère départementale en 2021 puis maire de Toulon en 2023 et 2026. Chevalier dans l’ordre national du mérite, Josée Massi répète à l’envi qu’elle est une personne ordinaire à qui il est arrivé quelque chose d’extraordinaire. Dans la concorde toulonnaise se réalisent les grandes choses… et les grands destins.