Montety : un chantier respectueux de la biodiversité

Depuis plusieurs années, la Ville s’est engagée aux côtés de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) pour préserver l’habitat des martinets en inscrivant cet objectif dans les documents d’urbanisme et en mobilisant tous les acteurs de la construction. C'est ainsi qu’a été prévue l’intégration définitive de 70 nichoirs sur les façades des bâtiments du quartier de Montety actuellement en cours d’édification. En attendant la fin du chantier, 45 gîtes provisoires ont été installés pour accueillir les volatiles à leur retour de migration.

Les travaux vont bon train dans le quartier de Montety. L’ancienne cité Montety laissera bientôt la place à un nouveau lieu de vie avec une résidence hôtelière nouvelle génération, un hôtel surmonté d’un rooftop, deux commerces et un ensemble de bureaux. La construction de ces bâtiments, dont l’aménagement est porté par le groupe Édouard Denis, a tenu compte des prescriptions de la Ville et de la LPO en matière de protection des martinets, une espèce protégée dont la population a chuté de 47 % en 10 ans.

Préserver les nids

Ces oiseaux migrateurs, actuellement sous le soleil d’Afrique, sont loin d’imaginer les moyens déployés à Toulon pour les accueillir au printemps, saison de leur nidification. Dessous de tuile, trou de boulin, arrière de gouttière, coffrage de store, joint d’étanchéité.... Pour faire leur nid, toute anfractuosité fait l’affaire, a fortiori dans l’habitat vétuste. Autant dire que l’ancienne cité ouvrière de Montety leur a longtemps offert une multitude d’abris confortables. C’est pourquoi, bien avant la destruction des immeubles, des nichoirs artificiels provisoires ont été installés sur les façades des bâtiments non concernés par la démolition pour offrir aux oiseaux des « gîtes » de remplacement, conformément aux accords passés avec la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (voir en savoir plus).

Attirer les martinets par leurre

L'avancement des travaux du futur hôtel B & B (dont l’extension s’adosse à un bâtiment existant) a nécessité le déplacement de ces nichoirs provisoires sur les façades sud et ouest au moyen d’une nacelle articulée.  Les martinets vivant en colonie, des dispositifs sonores imitant les cris de leurs congénères ont été mis en place pour les attirer vers ces gîtes installés tout spécialement pour eux. Lorsque les travaux seront terminés, les volatiles se verront proposer 70 nichoirs définitifs en béton de bois (mélange de ciment et de sciure), imperméables, imputrescibles et permettant les échanges gazeux. Chaque année au printemps, à leur retour de migration, ils pourront rejoindre leur « domicile fixe » dans le nouveau quartier de Montety.

Toulon, ville avant-gardiste

La même opération a été conduite récemment avec succès dans le cadre du chantier de construction du quartier de la Connaissance et de la Créativité de Chalucet. Depuis ces dernières années, 40 chantiers ont par ailleurs été conduits à Toulon en menant des opérations d’intégration de nichoirs à martinets avec le concours des bureaux d’études et des architectes et grâce à la mobilisation des acteurs du BTP. Les professionnels du bâtiment mobilisés dans le chantier de Montety, pour qui cette expérience est une première, attendent avec impatience l’arrivée prochaine de nombreuses colonies de martinets. Une impatience partagée par les bénévoles de la LPO qui oeuvrent inlassablement pour la survie de l’espèce sans compter leur temps ni leur énergie.

 

En savoir plus 

Toulon, ville pionnière

Toulon figure parmi les lauréats du concours “Capitale française de la biodiversité 2018" dans la catégorie “Milieu urbain bâti” pour la protection des nids de martinets dans le bâti en partenariat avec la LPO.

La Ville a mis en place des mesures visant à améliorer l’accueil du martinet noir en ville :

  •  Repérage avant tous travaux de rénovation ou de démolition en partenariat avec la LPO ;
  •  Alerte aux entreprises de travaux en cas de présence de nids ;
  •  Recensement annuel des nids d’avril à juillet et élaboration d’une cartographie ;
  •  Adaptation des travaux d’aménagement ou de ravalement en fonction des nidifications ;
  •  Intégration de nichoirs artificiels sous les avancées des toits, balcons et corniches s’il est impossible de conserver les sites existants ;
  •  Réalisation d’une plaquette d’information à l’attention des propriétaires et maîtres d’œuvre.

 

Le martinet et la loi

Les martinets font partie des espèces intégralement protégées. Toute perturbation ou destruction des nids constitue un délit sanctionné par la loi. C’est pourquoi Var Aménagement Développement, qui agit pour le compte de la Ville et de la métropole TPM dans les domaines de l’aménagement, de la construction et de la réhabilitation et de la rénovation urbaine, a obtenu de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), lors de la démolition de la cité de Montety, une dérogation pour la destruction d’habitats d’espèces protégées.

 

Un volatile étonnant et propre

Le martinet passe sa vie dans le ciel, s’y nourrit en gobant des insectes (c’est d’ailleurs un redoutable prédateur pour les moustiques Tigre). Il boit en survolant en rase-motte une pièce d’eau, dort en volant à 3 000 mètres d’altitude. Seuls les adultes reproducteurs se posent, le temps de pondre et d’élever leurs progénitures. Ils ne sont jamais à terre, sauf par accident, et dans ce cas, ils ont le plus grand mal pour reprendre leur vol.

Le martinet noir niche et élève ses petits chez nous d’avril à fin juillet (une ponte), le martinet pâle d’avril à mi-octobre (2 pontes). Gros consommateur d'insectes, le martinet ne salit pas les murs car il emporte hors du nid ses sacs fécaux. Cet avantage pour la propreté urbaine est d'ailleurs un inconvénient pour repérer les nids.

 

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