Vie communale

Un 1er Conseil pour un 4e mandat

Compte tenu du contexte particulier lié au Covid-19, ce n’est que 72 jours après le scrutin qu’a pu se réunir le nouveau Conseil municipal. La séance, ce 27 mai au matin, s’est évidemment déroulée dans le respect des règles sanitaires en vigueur qui imposaient notamment l’absence des citoyens dans la salle. Toutefois, afin d’assurer le caractère obligatoirement public de la séance, celle-ci a été intégralement diffusée en direct sur les réseaux sociaux et le site internet de la Ville.

Conformément au Code général des Collectivités Territoriales, le premier Conseil suivant l’élection obéit à un déroulement précis, conforme au Code général des Collectivités Territoriales : il permet à l’assemblée des élus de confirmer, par vote,  le premier d’entre eux dans son rôle de maire et de désigner ses différents adjoints.

Et aujourd’hui, il fut bien sûr, pour Hubert Falco, maire réélu pour la 4e fois dès le premier tour, l’occasion de prononcer un discours d’investiture à la hauteur de la situation et du contexte et d’afficher une ambition sans faille pour Toulon.

Discours qu’il a été choisi de vous donner en lecture :

« C’est avec une réelle émotion que je prends la parole devant le nouveau Conseil Municipal en tant que Maire. Il s’est écoulé 72 jours depuis le premier tour du scrutin. C’est une première dans l’histoire de la Cinquième République. La Loi du 23 mars 2020 plaçant la France en Etat d’Urgence a confirmé les résultats du 1er tour des municipales et nous ne pouvons que nous en réjouir puisque 30 143 communes (dont seulement 6 grandes villes) ont d’ores et déjà choisi leur maire.

Les Conseils municipaux peuvent renouer avec une gouvernance plus conforme à nos institutions car, durant ces 72 jours, le gouvernement a, par ordonnance, donné pouvoir aux maires d’exercer certaines compétences énumérées par l’article L 21 22-22 du Code général des collectivités territoriales sans passer par les organes délibérants.

En ordre de marche, le Conseil municipal retrouve ainsi son rôle plein et entier dans le cadre de la gestion communale car, depuis le 15 mars, les Maires, mis à contribution, ont dû assumer l’exécutif communal dans des conditions que la Démocratie n’a jamais connues, les plongeant parfois en plein brouillard à cause d’un manque de lisibilité et de directives nationales claires.

 

Au service de l’intérêt général

 

À Toulon, nous l’avons fait au quotidien en mode restreint, en cellule de crise, avec une équipe resserrée, pour répondre aux règles sanitaires. Nous l’avons fait grâce à un personnel municipal dévoué, qui a su montrer toute son adaptabilité et sa réactivité. Je vous assure que c’est vraiment en mettant les mains dans le cambouis qu’on prend de l’épaisseur. Nous l’avons fait dans les règles définies par la République. Car j’en suis persuadé, dans notre pays, la France, il ne peut pas y avoir 36 000 républiques mais une Seule et Même République Française. Un maire, en étant réactif pour sa commune, a toujours la volonté d’être utile, sans toutefois décider à la place de ceux qui nous gouvernent. Le rôle et le devoir des maires pour servir au mieux leurs concitoyens, c’est d’accompagner sur le territoire les mesures prises nationalement, dans le respect des règles et des lois, en s’adaptant, en anticipant, en essayant d’être à la fois imaginatifs et pragmatiques, toujours avec un esprit d’initiative, un esprit de solidarité, toujours au service de l’intérêt général et de la vie des gens.

 

Une pensée pour les victimes

 

Le monde a traversé, au regard du nombre de pays touchés, la plus grave crise sanitaire de son histoire. Pour la première fois, nous avons assisté à la mise à l’arrêt quasi total de l’économie dans presque tous les pays riches. Cette pandémie a aussi révélé le manque de coopération mondiale.

Elle a révélé que nous, Français, nous avions perdu notre indépendance. J’en veux pour exemple l’approvisionnement en masques, en respirateurs, en tests, etc. Cette crise est l’épreuve d’une génération. Elle nous rappelle par sa soudaineté, sa brutalité, son caractère quasi universel, son expansion, que l’histoire peut être tragique. Je veux tout d’abord avoir une pensée pour les près de 30 000 victimes et présenter mes plus sincères condoléances à tous ceux qui ont perdu un proche emporté par le COVID. Cette crise a aussi démontré dans sa gestion, que l’humain est beaucoup plus important que tous les systèmes lourds et centralisés, souvent désorganisés. Elle a démontré que la fin de la centralisation parisienne s’impose aujourd’hui. On ne doit plus décider d’en haut.

 

Remerciements aux femmes et aux hommes de terrain

 

Nos soignants ont assuré leur mission avec courage, professionnalisme, compétence et nous les en remercions vivement. Cette crise a également confirmé, comme nous le savions déjà, que nos services hospitaliers ont besoin d’être renforcés. Leur modernisation, tout comme le soutien aux personnels soignants depuis trop longtemps démunis, doivent devenir une priorité nationale urgente. Cette période particulière rappelle aussi à tous l’importance du rôle de nos services publics, les services publics du quotidien, indispensables à la vie des gens. Ces services ont assuré leur mission, grâce au sens des responsabilités de femmes et d’hommes que je souhaite également remercier vivement. Ces services publics, qualifiés par certains d’invisibles, ont travaillé courageusement à la vue de tous. La crise a souligné leur caractère indispensable, leur noblesse et leur sens du travail dans cette période… Des métiers aussi pour la plupart dévalorisés à tort, d’ordinaire, se sont révélés être essentiels Il est donc aussi indispensable, aujourd’hui, de mieux les reconnaître.

 

L’humain au cœur des priorités

 

Cette crise a enfin démontré la valeur des Français. En se confinant, en se protégeant, avec engagement, civisme et discipline, nos concitoyens ont aidé les soignants dans la lutte contre le Covid-19 comme l’ont fait également de nombreux et merveilleux bénévoles qui, dans des domaines variés, se sont engagés au service du bien commun et de la solidarité. Ne perdons jamais de vue, dans cette période de crise et surtout après, que protéger des vies humaines est une priorité essentielle.

 

Une marque de confiance et de fidélité

 

Le 15 mars 2020, les Toulonnaises et les Toulonnais ont choisi de m’exprimer une nouvelle fois clairement et nettement leur confiance dès le premier tour de scrutin. En m’élisant pour la quatrième fois, et en me donnant la majorité dans l’ensemble de nos quartiers et dans les 128 bureaux de vote de la ville, ils me donnent la possibilité, par ce beau message de cohésion démocratique et de confiance, de continuer à présider à la destinée de Toulon, à la tête d’une équipe de femmes et d’hommes également élus à mes côtés, dont, pour près de 50% d’entre eux, ce sera le premier mandat. C’est aussi la marque sans équivoque d’une large adhésion à la ligne que nous nous sommes tracée et au programme que nous avons développé. Par ce vote incontestable, les Toulonnais font de moi le seul maire de ville-centre élu dès le premier tour dans les 22 grandes métropoles françaises. Cette marque de reconnaissance et de fidélité est pour moi non seulement un immense honneur mais aussi une source de profonde émotion.

 

Les élus de toutes et de tous

 

Merci du fond du cœur à toutes celles et à tous ceux qui, dans cette élection, m’ont une nouvelle fois apporté leur soutien afin d’accompagner et de dessiner de nouveaux horizons pour l’avenir de notre ville. Qu’ils sachent que nous aurons à cœur de ne pas les décevoir en conciliant la construction collective d’une vision du futur avec les préoccupations concrètes de nos concitoyens. Pour cela, nous saurons nous appuyer sur un engagement collectif. Personnellement, je mettrai, comme je l’ai toujours fait, tout mon cœur et toute mon énergie pour faire en sorte que chaque Toulonnaise et chaque Toulonnais en retire une source de satisfaction et de fierté, sans jamais oublier qu’une fois élus, nous sommes au service de tous. Nous sommes les élus de toutes et de tous.

 

L’indispensable aide de l’État

 

Notre ambition est grande, même si cette mandature qui s’ouvre saura tirer les enseignements de ce que nous venons de vivre. C’est avec volonté que nous allons poursuivre à Toulon notre politique et ce, malgré les difficultés que vont rencontrer toutes les collectivités car nos finances vont connaître des vrais et rudes contrecoups occasionnés par cette terrible crise sanitaire. Face à l’impact financier de la crise, il est souhaitable et indispensable pour l’ensemble des collectivités françaises d’obtenir un plan d’aide de l’Etat. On ne peut pas demander aux territoires de s’engager pleinement aux côtés de l’Etat et ne pas les soutenir ! Aujourd’hui, il y a beaucoup moins de ressources qu’à l’accoutumée, des pertes de recettes drastiques et des dépenses exceptionnelles et lourdes, occasionnées par la crise du COVID-19, dépenses qui s’imposent dans l’intérêt de nos concitoyens, l’Etat s’appuyant résolument sur les élus locaux pour gérer la crise.

 

Une collectivité dans une situation saine

 

Devant cette situation, toutefois, un constat : grâce à nos efforts précédents et notre crédibilité financière, il est réconfortant pour notre collectivité de pouvoir aborder l’ensemble de ces difficultés avec une situation financière saine due à la gestion passée, avec un faible endettement, (nous sommes la quatrième ville la moins endettée de France), une épargne forte qui nous a toujours permis, dans les mandats précédents, de dégager un autofinancement important. C’est la raison pour laquelle, malgré toutes les difficultés liées à cette situation exceptionnelle, nous avons la volonté, au cours de ce nouveau mandat, de ne pas mettre en place une politique de repli mais, bien au contraire, d’afficher notre ambition !

 

Des ambitions et du travail

 

Une belle ambition pour Toulon qui doit, plus que jamais, continuer à cultiver l’esprit d’ouverture :

 

  • Une ouverture sur la connaissance, la créativité, la formation, l’économie, la recherche, 
  • Une ouverture s’appuyant sur une Métropole dynamique, avec des acteurs et des équipements de pointe, tous au service de la vie de nos concitoyens,
  • Une ouverture s’appuyant sur la poursuite de la revitalisation de notre centre-ville et de nos quartiers, en donnant l’envie d’aller y flâner, y consommer, y vivre avec une véritable stratégie de reconquête et de regain d’attractivité. D’ailleurs, la rénovation de la place Vatel a débuté récemment et va bientôt compléter les 68 rues et places déjà totalement restaurées,
  • Une ouverture sur un modèle nouveau, indispensable à la réussite des transitions écologique, économique, sociale et démocratique qui façonneront le monde de demain,
  • Une ouverture sur le développement du numérique qui doit être considéré comme un service public,
  • Une ouverture sur notre environnement naturel et sur sa protection, sur les challenges liés au défi climatique permettant toujours une amélioration de notre qualité de vie…
  • Une ouverture sur la Méditerranée avec un grand projet pour valoriser notre littoral.

 

 

Notre projet exprime une belle ambition. Nous devons le mettre en œuvre comme nous l’avons toujours fait, avec méthode, sérieux, volonté et toujours beaucoup de travail.

 

Cette ambition, mes collègues élus, je vous demande de la porter avec force parce qu’elle est légitime. C’est l’ambition de tous ceux qui veulent continuer à tirer cette ville vers le haut, tous ceux qui veulent continuer à en faire une ville attractive, dynamique et solidaire.

Cette ambition est partagée parce que nous l’avons forgée ensemble au cours des mandats précédents, avec mes équipes successives, et que c’est celle que nous voulons pour nos enfants.

C’est l’ambition d’une ville centre qui joue son rôle au cœur d’une métropole intelligente, agile, dynamique et solidaire. Je le rappelle, malgré un contexte encore jamais connu, nous n’allons pas renoncer à notre ambition mais il y aura un Avant et un Après Covid.

 

S’adapter au changement

 

Il va nous falloir désormais nous adapter, changer de comportements. Il va falloir changer nos habitudes, nous réinventer, avec chacun sa méthode. Changer n’est pas une option mais une obligation. Nous devrons aussi retenir que cette période difficile nous aura permis de nous retrouver nous-mêmes, de faire le point. Elle nous a surtout rappelé la valeur inestimable de la vie.

Pour reconquérir une partie de nos libertés, nous allons devoir changer notre façon de voir les autres et réinventer nos rapports sociaux. Nous allons devoir cultiver plus que jamais l’humain, l’humilité :

 

  •  Avec un véritable changement de culture, avec la volonté d’un effort commun, nous allons tout simplement vivre et travailler autrement,
  • Avec la volonté d’un effort commun, nous avons le devoir de reconstruire une société de bien commun avec toujours plus de solidarité (les solidarités naturelles existent, il faudra les encourager), la cohésion sociale doit devenir une priorité,
  • Il faudra que toutes ces décisions soient prises avec toujours plus de rigueur, toujours plus de travail, de modestie, d’écoute et de fraternité.

 

Il va falloir, comme je l’ai toujours souhaité, travailler en équipe pour sauvegarder ce qui pourra l’être. Oui, nos modes de vie seront bouleversés durablement et nous devons les aborder avec un dialogue accru entre les acteurs qui font la cité. Nous devrons également relancer notre économie pour rebondir avec des réseaux plus forts et mieux interconnectés. Nous devrons reconstruire, repartir car l’espoir d’en sortir est immense et il est aussi impératif de ne pas plonger nos entreprises, nos artisans, nos commerçants dans l’incertitude complète.

 

Une démarche constructive et solidaire

 

Pour reconstruire, il faut donner envie, rebondir, repartir, je vous engage à ce que nous le fassions avec courage, tous ensemble, en conservant bien sûr nos différences mais en nous inscrivant dans une démarche constructive et solidaire dans un véritable esprit d’unité et de responsabilité et qui ne devra pas s’arrêter une fois les épreuves passées car quand un péril s’éloigne, l’expérience montre que les comportements reviennent bien souvent à l’identique. Aussi, ensemble, gardons espoir en l’avenir sans oublier l’essentiel de ce qui fait la vie, démontrons que nous sommes capables de relever ces défis grâce à un élan collectif. C’est la somme des volontés individuelles qui conduira à une démarche politique forte et rapide.

Avec mon équipe, nous en avons plus que jamais la volonté. C’est ce qu’attendent de nous nos concitoyens.

 

Le bonheur est ici

 

Finalement, on pourrait conclure pour évoquer le Monde d’Après en faisant référence à une chanson de Christophe Maé : « Il est où, le bonheur ? ».

Et bien, il est devant nous, chez nous.

A nous de trouver le bonheur dans notre environnement assez proche.

N’essayons pas de le trouver ailleurs, assez loin et souvent trop loin !

 

Vive Toulon !

Vive la République !

Vive la France ! « 

 

HUBERT FALCO

Maire de TOULON

 

 

 

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