« Les espions de la guerre froide : KGB et Stasi » : une exposition "top secrète"

Date 
12 Janvier 2022 13h00 - 29 Janvier 2022 18h00
Près de 3000 objets rares, voire uniques, provenant des services secrets soviétiques et d’Allemagne de l’Est sont à découvrir à la Galerie du Canon TPM à Toulon, jusqu’au 29 janvier 2022. L’exposition intitulée « Les espions de la guerre froide : KGB et Stasi » propose aux visiteurs une immersion « totale » dans le monde secret des « invisibles ». Ça vaut le détour !

Les amateurs de James Bond ou de romans d'espionnage vont être heureux. La Galerie du Canon, située au 10 rue Pierre Sémard, accueille jusqu’au 29 janvier l’exposition « Les espions de la guerre froide : KGB et Stasi ».

Il s’agit de la plus importante collection française, voire européenne, d’objets provenant des services secrets soviétiques (le KGB) et d’Allemagne de l’Est (la Stasi). Elle se compose d’environ 3000 objets rares, voire uniques, appartenant à Mme Stéphanie M., passionnée de l’ancien bloc de l’Est qui a souhaité garder l’anonymat.

Après l’acquisition de son 1er appareil photo F-21 Ajax du KGB à déclencheur manuel datant de 1970 sur eBay, elle entreprend de débuter une incroyable collection d’objets rares du KGB et de la Stasi provenant notamment de l’achat d’une collection américaine revendue par un spécialiste biélorusse. Elle la complétera au fil du temps et au gré de ses découvertes, rencontres et propositions.

Une collection unique par son ampleur et sa rareté

La collection est en effet incroyable par son ampleur. Elle montre la quantité de moyens qui ont été mis en œuvre à l’époque par les services secrets pour récolter toutes sortes d’informations top secrètes. Dans les années 80, le KGB, ce sont 700 000 à 800 000 personnes et plus 5 millions d’honorables collaborateurs à travers le monde.   Ces pièces exceptionnelles sont les témoins du passé et plus particulièrement de la Guerre froide, qui fut une longue épreuve de force, au lendemain de la capitulation de l'Allemagne hitlérienne, entre les États-Unis et l'Union soviétique.

Une immersion dans les techniques d’espionnage

L’exposition raconte ainsi les techniques d’espionnage de l’époque, à travers la présentation de ce fonds exceptionnel composé de nombreux équipements des services secrets. Cette exposition aurait pu ne jamais voir le jour, car normalement, lorsque les objets n’étaient plus utilisés, ils étaient voués à la destruction. Mais certains ont conservé le matériel. On peut donc découvrir, par exemple, des émetteurs-récepteurs utilisés par les agents secrets, des magnétophones, des caméras et appareils photographiques clandestins spécifiquement développés pour les services spéciaux.

La mystérieuse Fialka russe en pièce maîtresse

Le visiteur peut également observer la mystérieuse « Fialka » utilisée par le KGB. Cette machine de chiffrement/déchiffrement électro-mécanique est rarissime. Il s’agit du modèle précoce M-125 qui a été produit de 1956 à 1990 et déclassifié du secret en 2005 par les américains. Elle est composée de 10 cylindres qui  permettent de réaliser des communications cryptées, plus précisément le nombre de combinaisons possibles est de 590 000 milliards. 

La Fialka est en effet reconnue comme la version optimisée et inviolable de la machine ENIGMA allemande (3 ou 4 cylindres) de la 2e guerre mondiale. C’est la plus ancienne des machines connues, avec un caractère unique par touche. Les opérateurs en formation devaient signer un contrat les interdisant de voyager hors de l’URSS pendant 2 années. En 1991, à la chute de l’URSS, elles ont été rapatriées pour être détruites. Il n’en reste aujourd’hui que 10 ou 11 dans le monde. Celle-ci est arrivée d’Ukraine par la poste, avec écrit sur le colis : vieille machine à écrire, pas de valeur marchande ! Il faut savoir qu’elle pèse 20 kg.

La « chose », système d’écoute russe

L’exposition présente aussi des pièces tout à fait étonnantes, comme celle appelée, « la chose ». A sa découverte, les américains se sont douté que cet appareil devait servir à écouter, mais ils n’ont pas compris comment il fonctionnait. C’est pourquoi ils l’ont dénommée « la chose ». Elle a été créée par Léon Teremin, un génie russe peu connu du XXe siècle. Il a notamment créé l’ancêtre du synthétiseur, le Rhythmicon mais aussi l’ancêtre du paiement sans contact.

En réalité, il s’agit du système d'écoute Bourane (précurseur du micro espion laser), qui servit pour espionner les ambassades européennes et américaines à Moscou. En 1947, Teremin reçut le prix Staline pour son invention, et cette avancée technologique de l'espionnage soviétique.

Uniformes, décorations, documents et reliques exceptionnelles

Les visiteurs découvriront aussi des uniformes, décorations, documents et reliques exceptionnelles de cette période de l’histoire. Il y avait à Berlin onze offices de la Stasi, l’exposition présente quatre plaques présentées à l’entrée de quatre de ces offices. Il y a 11 radios récepteurs utilisés par le KGB et la Stasi sur les 13 modèles connus, mais aussi beaucoup de papiers extrêmement rares concernant des documents secrets de la Stasi et même les papiers d’un dirigeant du KGB de 1861 à 1967.

Galerie du Canon TPM 10, rue Pierre Sémard 83000 Toulon Ouvert du mardi au samedi de 13h à 18h - Visite commentée de l’exposition sur réservation pour les groupes et les particuliers. Renseignements : 04.94.93.37.55 galerieducanon@metropoletpm.fr

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